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Liberté VS Propriété

11 mai 2009

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Un logiciel libre offre à chacun les possibilités :

  • d’exécuter le programme pour tous les usages;
  • d’étudier le fonctionnement du programme (mise à disposition du code source);
  • de l’adapter à ses besoins (modification du code source);
  • de dupliquer le logiciel;
  • de redistribuer gratuitement ou non des copies du logiciel (y compris vos versions modifiées du programme afin d’en faire profiter tout le monde).

Attention : Un logiciel libre n’est pas forcément gratuit et inversement. Je peux revendre un logiciel libre (modifié par mes soins ou non), ce qui n’est pas évident dans le cadre d’un logiciel gratuit. La majorité des logiciels gratuits (appelés aussi freeware) sont en fait des logiciels propriétaires puisqu’ils n’autorisent pas la revente (ou seulement dans un cadre bien précis).

Avantages du libre :

L’accès aux sources permet à tout à chacun de modifier le logiciel mais aussi d’analyser le fonctionnement du logiciel et son codage. Ainsi les anomalies de fonctionnement et failles de sécurité (souvent inhérentes à un défaut de programmation) peuvent être découvertes par une personne et presque immédiatement (si elle en a les compétences) corrigées par celle-ci et d’en informer les autres utilisateurs.

La majorité des logiciels libres utilisent pour leur fichier des formats standards ouverts, ce qui permet une meilleure inter-polarité entre les logiciels. Ainsi en cas d’évolution (ou de disparation) du logiciel, le successeur dispose de toutes les spécifications pour intégrer le format et garantir ainsi l’accès aux documents archivés.

Les logiciels libres sont structurés autour de communautés de développeurs mais aussi d’utilisateurs lambda. Ces communautés permettent de trouver aisément un support technique (manuel et astuce en ligne, forum…) mais aussi de participer à l’évolution du logiciel (signaler les bogues, proposer des améliorations…).

Défauts du libre :

Le code source est disponible pour tous, y compris aux personnes malveillantes. Cette personne découvrant une faille de sécurité à l’intérieur du code pourrait très bien l’utiliser pour en tirer profit (prise de contrôle à distance, virus…). Enfin jusqu’à ce qu’une autre personne, bien veillante elle, retrouve cette faille et corrige le code (ce qui arrive bien plus vite qu’avec les logiciels propriétaires).

Qu’est-ce qu’un logiciel propriétaire ?

A contrario, les logiciels propriétaires (appelés aussi privateurs) ne sont pas libres. L’utilisation de ces logiciels requiert l’acceptation d’un contrat (le fameux CLUF) qui limite l’usage du logiciel.

La plupart du temps, ces interdictions portent sur :

  • l’usage du logiciel (utilisation restreinte à un certain nombre de poste et/ou dans un cadre bien précis);
  • l’étude du fonctionnement du logiciel (code source non disponible et rétro-ingénierie interdite);
  • la modification du logiciel (code source non disponible);
  • la copie du logiciel;
  • la redistribution du logiciel (les conditions de vente ou de transfert de logiciel clairement définies).

Avantages du propriétaire :

La sécurité par l’obscurantisme (non divulgation du code source)permet sommairement de se protéger des manipulations de personnes malveillantes (elles sont alors obligées de recourir à la rétro-ingénierie pour trouver les failles).

Défauts du propriétaire :

Le code source n’étant pas disponible pour les logiciels propriétaires, aucune modification par un tiers du logiciel n’est possible. En cas de découvertes de bogues ou de failles sécuritaires, vous et moi ne pouvons qu’en informer le propriétaire du logiciel (l’éditeur). Lui et lui seul décide de prendre en compte la remarque et de corriger le problème (ou pas). Il existe ainsi de nombreux logiciels qui, parce qu’ils ne sont pas (ou plus) mises à jour par leurs propriétaires, sont devenus dangereux (failles de sécurité non corrigées).

La majorité (pour ne pas dire tous) des logiciels propriétaires utilisent des formats de fichier qui leurs sont propres (formats fermés). A l’exception de l’éditeur, nul ne connait les spécifications du format. Il devient alors essentiel de disposer du logiciel dans lequel le fichier a été enregistré pour pouvoir l’ouvrir (certains logiciels libres peuvent ouvrir des formats propriétaires mais sans garantir un rendu à l’identique du fichier).

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Le CLUF sous la loupe

5 mai 2009

Acheter un logiciel, ça signifie quoi exactement ?

Lorsque l’on se procure un logiciel, on n’achète pas le logiciel. On n’achète en fait que le droit de l’installer sur un ordinateur et de pouvoir l’utiliser.

Le logiciel reste la propriété de l’éditeur. Seul l’éditeur dispose du code-source du logiciel, le fondement même du logiciel.

A cet effet les éditeurs ont mis en place le Contrat de Licence Utilisateur Final (aussi appelé licence de logiciel propriétaire), réglementant ce que l’on peut (et surtout ne peut pas) faire avec leur logiciel.

Mais qu’est-ce que tu me racontes là ?

« Je n’ai jamais rien signé moi ! »
« Oh que si, mais tu n’y as peut-être pas prêté attention. »

Il existe deux méthodes d’acceptation de ce contrat couramment utilisé par les éditeurs et souvent considérés comme de la vente forcée :

  1. Les « shrink-wrap licences » : Un encart sur l’emballage du logiciel précise que l’acceptation du contrat se fait lorsque l’on ôte le cellophane ou un sceau autocollant. On accepte alors le contrat dans la boite (que l’on n’a donc pas encore eu l’opportunité de lire).
  2. Les »click-through licences » : L’autre méthode consiste à afficher au moment de l’installation le CLUF avec l’obligation d’accepter le contrat afin de continuer l’installation.

Ainsi dans les deux cas, on ne peut lire le contrat qu’une fois le logiciel acheté. On voit là un problème évident. Admettons que suite à l’achat d’un logiciel et à la lecture du contrat lié à celui-ci, on décide de ne pas accepter le contrat. Quel est la procédure à suivre ? Par exemple, le cas s’est posé pour l’OS Windows de Microsoft. Si quelques revendeurs ont procédé à des remboursements de leur propre chef, la société Microsoft n’a jamais accepté de reprendre un produit dont l’acheteur aurait refusé le contrat de licence.

Qu’y a-t-il dans le CLUF ?

Le contrat vise avant tout à protéger la propriété intellectuelle du détenteur. Cela correspond la plupart du temps, à interdire la rétro-ingénierie (technique permettant de retrouver le code-source à partir du logiciel), à interdire la copie, à limiter l’utilisation du logiciel à un nombre de machine.

« Rien de bien méchant alors… »

D’autres clauses peuvent être ajoutées au contrat comme par exemple une clause spécifiant que l’on donne le droit au propriétaire du logiciel d’enregistrer des informations (sans que l’on puisse vérifier le contenu des données transmises).

On doit donc rester vigilant à chaque installation de nouveaux logiciels (certains logiciels malveillants téléchargeables sur internet affichaient très clairement dans leurs CLUF que leurs installations engendraient l’apparition de fenêtres publicitaires intempestives).

Ouais, c’est bien beau tout ça mais j’ai mieux à faire que de lire le CLUF à chaque installation !

J’en suis venu à la même réflexion. Ainsi, je me suis peu à peu éloigner des logiciels propriétaires au profit des logiciels libres.

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A voir aussi :
Le CLUF de Microsoft appliqué aux livres